Biographie

Alain Payet rencontre très tôt le septième art en assistant dès 1963 des réalisateurs du cinéma traditionnel comme Louis Grospierre ou Louis Daquin et en participant à l’élaboration de nombreux feuilletons télévisés.   Pendant douze ans, il se met ainsi au service des réalisateurs, sur des films parfois très importants comme L’Héritier, de Philippe Labro, en 1972.   Mais Payet est déçu par le milieu du cinéma traditionnel et par de nombreux réalisateurs, qui ne témoignent aucune reconnaissance et se montrent souvent indifférents, voire dédaigneux à l’égard des « ouvriers » du septième art, dont il fait partie. À partir de 1973, il se tourne donc vers le cinéma érotique et pornographique qui émerge en France, et devient l’assistant réalisateur de Lucien Hustaix. Le premier film porno sur lequel Alain travaille avec Hustaix sort en salle le 12 juin 1974. Intitulé Les Jouisseuses, il reste à ce jour le plus gros succès du cinéma porno hexagonal, avec quelque 4 millions d’entrée et trente millions de francs de recette.   Avec le célèbre Exhibition de Jean-François Davy, c’est d’ailleurs ce film qui décidera le gouvernement français à promulguer la loi X en 1975. Cette même année, quelques mois après la mort de Lucien Hustaix, Alain Payet réalise son premier film en nom propre, Prostitution clandestine, qui sortira dans les salles au mois de décembre, produit par Robert de Nesle, directeur de la société CFFP et que Payet connaît depuis plusieurs années Jusqu’au début des années 80, Alain Payet va ainsi réaliser régulièrement des films en 35mm sous différents pseudonymes, dont celui fort célèbre de John Love adopté dès 1975 pour le film French Érection.   Très prolifique, Payet tourne beaucoup et ne fait pas vraiment dans la dentelle ; ses films sont souvent très hard, mais également fort grivois et franchouillards à souhait. Payet travaille jusqu’en 1977 avec Robert de Nesle, puis avec la société Impex Films et d’autres producteurs chez qui il va connaître quelques belles réussites comme Nadia la Jouisseuse ou Marie Salope, tout en versant parfois dans le traditionnel avec de petites comédies gentillettes comme L’Émir préfère les blondes en 1983. Mais au milieu des années 80, le cinéma porno est en voie de disparition, supplanté par la vidéo et Payet est déçu par le manque d’ambition des producteurs qui financent des films X de plus en plus bas de gamme.   Pour pallier les budgets toujours plus chiches qu’on lui accorde, Payet change alors de direction et va privilégier le hard pur et dur au détriment du scénario qui n’est plus que subsidiaire.   Cette nouvelle forme de porno, entérinée en 1988 avec La Doctoresse a des Gros Seins, produit par Cinévog, va être rapidement qualifiée de « hard crad », dont Payet, ou plutôt John Love, va devenir le « pape ». Deux titres que l’intéressé réfute, le hard qu’il met en scène lui paraissant bien plus « gaulois » que « crad(e) ».   Quoiqu’il en soit, la carrière de Payet prend alors une nouvelle direction, celui-ci ne tournant quasiment plus qu’en vidéo et ne se voyant plus sollicité que pour apparaître en tant que John Love tant en Allemagne avec la société Magma, qu’en France avec Europix, qui produit la plupart de ses films. Au début des années 90, Alain Payet est le réalisateur de X français qui possède la plus grande expérience, ce qui lui attire la confiance des producteurs. La société Colmax fait ainsi appel à lui pour réaliser en 1994 une parodie des Visiteurs, la célèbre comédie de Jean-Marie Poiré sortie l’année précédente avec le succès que l’on sait.   Intitulé tout simplement Les Visiteuses, le film d’Alain Payet va connaître – toutes proportions gardées – un succès similaire et devenir la plus grosse vente X en VHS sur le territoire français.   Le nom d’Alain Payet devient synonyme de réussite et dans les années qui suivent, le réalisateur va tourner pour toutes les sociétés de production française, de Colmax à Anaïs en passant par Blue One et bien sûr, Marc Dorcel, qui va souvent faire appel à lui après la mort de Michel Ricaud. Dans les premières années du 21ème siècle, Alain Payet connaît des ennuis de santé assez sérieux qui vont l’éloigner un temps de la scène pornographique, avant qu’il ne se remette à tourner, notamment pour Marc Dorcel, chez qui le « maestro » a signé quelques-uns de ses meilleurs films.   Hélas, la maladie va finalement rattraper Alain Payet qui s’éteint des suites de son cancer le 13 décembre 2007, à 60 ans.  

Caractéristiques

  • Début dans le X 1974
  • Lieu de NaissanceFrance
  • Date deNaissance17 janvier 1947
  • NationalitéFrançaise